Mas des Capitelles Jean, Cédric et Brice Laugé

Mas des Capitelles
1707, Route de Pézenas
34600 Faugères
Tél : +33 (0) 4 67 23 10 20
Fax : +33 (0) 4 67 95 78 32
Email : contact@masdescapitelles.com
Site web : http://www.masdescapitelles.com

Installation : 1999

Superficie : 25 ha

Rendement moyen :25 hl/ha

Couleurs de production : Rouge

Vendanges : manuelles

BIO / BIODYNAMIE



O'Brothers Laugé : les pur-sang faugérois

A la suite de leur père, Cédric et Brice Laugé se lancent dans la viticulture au début des années 2000. C’est en famille, avec la complicité de leurs parents, qu’ils créent puis conduisent en agriculture biologique un domaine de 29 hectares : le Mas des Capitelles. Quand ils ne répondent pas d’une seule voix, l’un finit les phrases de l’autre et vice-versa. Rencontre avec deux purs produits du terroir : les frères Laugé.

Les vendanges viennent de se terminer et on imagine toujours que c’est le moment de l’année que les vignerons préfèrent… Ça vaut pour vous ?

Brice : Pas vraiment. C’est stressant, il y a beaucoup de choses à gérer simultanément : les maturités, le matériel qui casse quand tu ne t’y attends pas, l’équipe de vendangeurs à manager… Quand on a rentré la dernière parcelle et que tout s’annonce plutôt très bien comme en 2019, là, on peut souffler ! Moi, ce que je préfère, c’est le début d’année. C’est à chaque fois un nouveau départ. Et on a un peu de temps pour penser et visualiser la suite.

Cédric : C’est vrai que c’est intense, les vendanges… Mais ça marque le début de la vinification. Et ce qui me fait vraiment vibrer, moi, ce sont les assemblages ! C’est l’aboutissement de tout ! Je suis tout fou à ce moment-là, seul dans mon monde !

Vous êtes fils de viticulteur, et vignerons à Faugères depuis 20 ans. Devenir vigneron, c’était une évidence, un rêve d’enfant ?

Brice : Oui ! Je voulais faire « comme Papa » ! (Rires) Il ne nous a jamais forcé à travailler avec lui : on l’a vraiment fait par envie. Un jour, il m’a amené me promener dans une vigne et il m’a dit qu’elle avait exactement mon âge : ça m’a marqué. J’ai compris que c’était une plante pas comme les autres : elle raconte une histoire. Et puis j’ai besoin de nature et d’air frais au quotidien.

Cédric : Et ben, moi non en fait… Je voulais faire des études de chimie, mais j’ai finalement opté pour un BTS viti-oeno. Notre père était coopérateur à l’époque et il m’a proposé qu’on s’installe ensemble en cave particulière. Là, j’ai dit oui : ça m’intéressait de maîtriser l’élaboration du vin de A à Z en maniant aussi la partie vinification, de faire un produit qui ressemble vraiment à notre terroir. On s’est lancé en 1999 et je ne regrette rien !

LES CAPITELLES, C'EST BIEN D'ICI !
Il y a près de 260 capitelles sur le territoire de Faugères. Cédric et Brice y ont joué tout au long de leur enfance, s’amusant à en faire leur cabane ou à y faire du feu… Pourtant, c’est leur mère qui a eu l’idée de ce nom pour le domaine : les capitelles et l’art de la pierre sèche constituent en effet un pan entier de l’histoire et de l’identité du vignoble faugérois.

Donc Faugères, c’était une évidence aussi…

Brice : Ben oui. On est d’ici, et un peu comme la vigne et la garrigue : profondément enracinés dans le schiste !

Cédric : Oui, le schiste, c’est l’élément-clé de notre terroir. Avec le climat, c’est lui qui détermine toute la biodiversité qu’on trouve ici : les chênes, les cistes, les genêts… Et même si elle ne peut pas y être très productive, la vigne n’a pas d’autre choix que d’aller chercher le goût du terroir en profondeur. C’est ça qu’on veut pour nos vins.

Et c’est quoi « le goût du terroir » de Faugères ?

Brice : C’est… Des vins qui réunissent puissance et fraîcheur !

Cédric : Ils sont concentrés, mais l’alcool ne se sent pas.

Brice : Il y a de la minéralité aussi, on retrouve souvent des notes de pierre à fusil.

Cédric : Des arômes de garrigue !

Brice : Parfois un peu de sous-bois…

Cédric : Mais ça dépend de tes pratiques. Nous, on intervient très peu, que ce soit à la vigne ou en cave parce qu’on trouve que c’est le meilleur moyen de rester fidèle au terroir ; que la bio permet de le faire ressortir. En plus de préserver la ressource naturelle, bien sûr.

Le bio, c’est donc plus qu’un moyen, c’est une philosophie ?

Brice : Ben oui ! On est certifié bio depuis 2011, mais ça ne se limite pas à utiliser des produits bio en suivant la notice ! On observe, on regarde, on écoute la nature, on essaie de penser plus loin… On fait un peu de biodynamie sans être certifié depuis plusieurs années mais on n’arrive pas encore à s’y tenir complètement parce qu’on n’a pas assez de main d’œuvre. Ça viendra.

Cédric : On fait attention à tout, en fait. On n’a pas de problème de ver de grappe, donc on n’utilise  aucun insecticide. Ne rien rejeter dans la nature qui ne soit absolument « nécessaire » : c’est la base ! Et en même temps, c’est l’avenir.

PASSION CARIGNAN
Quand on leur demande quel cépage permet le mieux d’exprimer le terroir de Faugères, ils répondent comme souvent d’une seule voix : « le Carignan ! ». Cela tient tant à ce qu’ils y trouvent d’expression organoleptique que d’adaptation de la plante au terroir que d’attachement romantique à l’histoire de leurs aïeuls : certains de leurs Carignans sont en effet centenaires et appartenaient à leur grand-père. Leurs cuvées le mettent souvent en valeur et ils font d’ailleurs partie de l’Association Carignan Renaissance.

Quand vous pensez à l’avenir justement, vous êtes plutôt confiant ?

Cédric : Avec le changement climatique, on ne sait pas où on va. En 2018, avec les pluies et l’humidité, le mildiou a fait des dégâts monstrueux. Et le comble est qu’on essaie de bien faire depuis des années et qu’on a été les premiers à en pâtir. Mais cela ne nous a pas découragés pour autant, bien au contraire !

Brice : Ce qui fait peur, c’est que ça se joue à grande échelle... Et ok, on n’est qu’une goutte d’eau. Mais si tout le monde se dit ça et que personne ne fait rien… Il est devenu urgent de réagir. A Faugères, ça bouge avec le projet « Grands Vins de Nature »… Je rêve que toute l’AOP soit bio un jour et que cela entre dans le cahier des charges, même si je comprends que cela n’est pas évident à mettre en place sur toutes les exploitations. Au fond, un vrai vin de terroir, un « Grand Vin de Nature », c’est un vin qui respecte l’environnement, sur de petits rendements naturels. Et qui se garde.

Il y a d’autres univers que ceux de la vigne et du vin qui vous intéressent ?

Cédric : Je suis féru de vélo de course ! Et j’adore cuisiner : bien manger, bien boire, ça va ensemble !

Brice : Les sports de pleine nature et la musique. Je suis bassiste et je joue dans une formation à deux avec un batteur… On est pas mal de vignerons à être un peu musiciens sur l’appellation d’ailleurs… On pourrait peut-être former un groupe ! (Rires)

Mais, vigneron, ça reste le plus beau métier du monde ?

Brice et Cédric, d’une seule voix : Oui !

Brice : Vigneron… et sage-femme ! Tu donnes la vie…

Cédric : Je suis fier de faire quelque chose de noble, où je suis en contact avec la terre…


BEST OF D’UNE INTERVIEW « DEUX POUR LE PRIX D’UN » !

(second degré exigé !)

Les vins de l’AOP Faugères, ils sont comment ? Ben… bons !

Les paysages de l’AOP Faugères, vous les décririez comment ? Ben… beaux !

Le projet « Faugères, Grands Vins de Nature, vous le trouvez comment ? Ben… bien !

Qu’est-ce qui vous fait peur ? La nuit ! (Rires)

Si vous étiez un hashtag ?#CEstQuoi ?