Domaine La Sarabande Isla et Paul Gordon

Domaine La Sarabande
14 ancienne route nationale
34480 Laurens
Tél : +33 (0) 6 74 30 43 28
Email : pauldouglasgordon@gmail.com
Site web : http://sarabande-wines.com
Domaine Sarabande Isla et Paul Gordon



World wine love stories

Quand un Australien rencontre une Irlandaise en faisant du vin en Nouvelle-Zélande, l’effet papillon donne parfois naissance quelques années plus tard à deux beaux enfants et un domaine viticole en Faugères… Telle est l’histoire d’Isla et Paul, un couple de vignerons qui se laisse avant tout guider par l’amour : de la nature, du terroir et du vin.

Conte de fées du bout du monde – Ozzie boy meets irish girl !

C’est en 1990, que Paul, jeune Australien de 19 ans, prend la route – ou plutôt l’avion : direction le « vieux monde ». Il se fait embaucher dans un grand restaurant londonien où il découvre parmi les plus grandes cuvées françaises. Le vin le passionne et il décide d’en faire son métier. Devenu « flying winemaker » (œnologue ambulant), il exerce en Europe, aux USA, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Isla vit à l’autre bout du monde, en Irlande. Après des études en agriculture et environnement, elle travaille brièvement dans le monde du blé. Mais elle veut voir le monde tout court. Un sac sur le dos et son meilleur ami à ses côtés, elle s’envole pour la Nouvelle-Zélande. Une fois sur place, ils financent leur voyage en faisant de menus travaux, notamment dans les vignes…

C’est là que l’ozzie boy et l’irish girl se rencontrent. Ils tombent amoureux et Isla reprend des études axées sur la viticulture. Une nouvelle vie se dessine petit à petit, avec un seul chemin pour deux cette fois. Celui du sud de la France, où naîtront leurs deux enfants. Celui de l’AOP Faugères où ils créeront le Domaine de la Sarabande.

Faugères : pour l’amour du schiste !

En quête d’un domaine situé en Europe, c’est en 2009 que le couple découvre véritablement le Languedoc : « On s’est rendu à millésime Bio dès le mois de janvier dans l’objectif de… goûter, goûter, goûter !, raconte Paul. Entre le Pic Saint-Loup, les Terrasses du Larzac et Faugères, notre cœur balançait. Mais on était tellement amoureux des sols de schistes depuis mon expérience dans le Priorat qu’on a toujours eu une préférence pour Faugères. ».

Hébergés du côté d’Olargues dans la Montagne Noire, ils se rendent sans difficulté sur l’appellation. Simon Coulshaw du Domaine des Trinités les aiguille : il est anglophone lui aussi, cela facilite les échanges. « On s’est de suite senti bien ici, explique Paul. C’est un coin magnifique, idéalement situé entre mer et montagne, entre vignes et garrigues, c’est extrêmement paisible… Les constructions en pierre sèche sont les témoins de l’histoire, ancienne, d’un terroir au potentiel énorme et où on produit des vins très modernes. »

SI JOYEUSE SARABANDE !
Ni Isla, ni Paul ne parlaient français à leur arrivée en France. Le seul mot qu’Isla connaissait était le titre d’un morceau d’Haendel qu’elle jouait au piano : Sarabande. Et tout bien réfléchi, puisqu’il désigne aussi une danse populaire, lascive et entraînante, le domaine porte bien son nom : le couple est toujours partant pour organiser événements, soirées conviviales et joyeuses fêtes autour du vin !

Ils s’installent dès le mois de mars, avec des vignes qu’ils doivent encore tailler en urgence et une cave qui se situe dans leur garage, le tout alors même qu’Isla attend leur premier enfant pour le mois de juin. Mais rien ne les arrête, la passion est là : « Pour un œnologue, Faugères, c’est le rêve ! s’exclame Paul. Les sols de schistes induisent un enracinement profond et une micro-hydratation qui permet d’obtenir de superbes équilibres même sur des années très chaudes. Les rendements sont faibles mais tout est là naturellement dans le raisin pour faire de grands vins de garde : la richesse aromatique –de garrigue notamment –, la stabilité de la couleur, des tanins robustes, et une acidité qui leur permettra de tenir dans le temps. »

L’engagement : par amour de la nature

De fermage en achats de parcelles, leur vignoble se transforme beaucoup pendant les dix premières années.

En 2020, satisfaits de sa morphologie et plus à l’aise avec les parcours administratifs en français – et à la française !, ils peuvent enfin envisager une conversion à l’agriculture biologique qu’ils ont de fait toujours pratiquée. « La bio a été une évidence dès notre arrivée, explique Paul. Comparé aux autres régions viticoles du monde, le Languedoc est quasi exempt de maladies : on s’est de suite rendu compte qu’on pourrait faire beaucoup en matière d’agroécologie ! ». Et Isla d’ajouter : « Le vignoble est aussi notre outil de travail, notre lieu de vie, le terrain de jeu de nos enfants, le lieu de balade de nos voisins, le jardin de nos animaux… ».

L’un et l’autre s’émerveillent toujours de rencontrer la biodiversité qui peuple leurs vignes : insectes, mille-pattes, vers de terre, ou gros lézards verts typiques du Faugérois… « Quand on voit toute cette microfaune, on sait que nos sols sont vivants, explique Paul. Mes vignes s’en portent mieux, c’est certain. Je suis un scientifique dans l’âme donc ça va peut-être paraître fou mais je pense parfois que le bio favorise leur capacité à évoluer et peut-être un jour trouver elles-mêmes des moyens de mieux résister aux maladies… D’autres fois, je réfléchis au fait que cuivre et soufre ne sont sans aucun doute pas complètement inoffensifs non plus… Mais on n’a rien trouvé de mieux pour le moment.»

Egalement engagés dans la confusion sexuelle dont ils sont très satisfaits, Isla et Paul ne tarissent pas d’idées et de projets : la plantation d’arbres, la création d’une mare qui permette aux petits animaux de venir s’abreuver, mais aussi des vins blancs à partir du millésime 2019, ainsi que la construction d’une nouvelle cave et d’une maison au cœur de leurs vignes ! Les terrasses de pierres sèches habillées d’oliviers et d’amandiers accueilleront sans aucun doute dès que possible des soirées d’été entre musique et barbecue ouvertes au public !


INTERVIEW : « CA, C’est VRAIMENT TOI, PAUL ! »

Si tu étais un cépage ? Le mourvèdre ! Il est unique : à la fois costaud et délicat !

Une cuvée qui t’a bouleversé ? La Tâche 1971, de la Romanée Conti

Si tu étais un accord Musique & Sarabande ?The Clash ! Avec les Rabasses 2016

Ton livre de chevet ?Horibble histories of France ! (Rires) Or… Wine and analysis production.

Un vin de confrère à faire découvrir ? Cistus Blanc, du Château La Liquière