Domaine Pèira Levada Alexandre Durand

Domaine Pèira Levada
Haut-Fabrègues
34480 Cabrerolles
Tél : +33(0) 6 23 67 90 59
Email : durandalexandre24@yahoo.fr
CONVERSION



"No risk : no fun !"

Fils de vignerons bergeracois, c’est en Faugères qu’Alexandre Durand décide de créer le Domaine Pèira Levada en 2018. Passionné de vignes, de vin, de nature, il nourrit l’ambition d’y élaborer des vins naturels d’excellence. « Risqué », pensent certains. Mais le jeune vigneron n’en démord pas : le jeu en vaut la chandelle.

« Impose ta chance, serre ton bonheur, et va vers ton risque. » (René Char)

Bien loin de renoncer à devenir vigneron quand le projet de prendre la succession de son père en Bergerac ne peut aboutir, Alexandre maintient le cap. Fermement. De formations universitaires en expériences de terrain, il parcourt les vignobles de France et acquiert de solides compétences.

C’est en 2010, lors d’une saison de vendanges au Château Tour des Gendres, dans sa Dordogne natale, qu’il rencontre Sybil Baldassare : « Tomber amoureux dans une cave en pleines vendanges, c’est original pour des vignerons ! », raconte-t-il, ironique amusé. Il décide de suivre la belle œnologue dans son Italie natale, « mais pas de trop près quand même, ajoute-t-il. Avec nos forts caractères, on a toujours tenu à continuer à exister indépendamment l’un de l’autre. ».

PÈIRA LEVADA OU LA PIERRE LEVEE
Alexandre n’a pas choisi le nom de son domaine au hasard. Au détour de certaines de ses parcelles, on rencontre en effet quelques menhirs de marbres : des « pierres levées », soit en occitan « pèira levada ».

Saisissant l’opportunité de devenir chefs d’exploitation, le jeune couple déménage pour Faugères en 2014. Sybil y développe, dès l’année suivante, son propre projet en créant le Domaine La Graine Sauvage. En 2018, Alexandre se lance à son tour en faisant l’acquisition des quatre hectares qui constituent aujourd’hui le Domaine Pèira Levada.

Le plus beau terroir de France, « naturellement »

Sybil et Alexandre auraient pu poser leur valises partout ailleurs, comme en Savennières que le vigneron affectionne particulièrement, mais c’est l’appellation Faugères qu’ils choisissent : « On a eu un coup de foudre pour ce vignoble du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc. Les paysages sont splendides, avec des vues d’altitude à 360 degrés, et on a tout de suite perçu le potentiel « Grands Vins » de Faugères. Mais surtout, c’était le plus important : le potentiel « grands vins NATURELS » ! ».

Après plusieurs années passées à apprivoiser ce terroir in situ, le constat vient confirmer l’intuition : « A la vigne, l’utilisation de produits de protection n’est nécessaire en moyenne que cinq fois par an, explique Alexandre, quand c’est parfois plus du double dans d’autres vignobles ! Et à l’arrivée, tout est là dans le raisin quand il est récolté à maturité : les tanins pour la matière et la structure, la juste acidité, un « végétal-fruit » croquant ni trop vert ni trop mûr. Et ça, c’est unique sur le pourtour méditerranéen. ». Il en résulte des vins qui, selon lui, trouvent leur singularité dans le soyeux et la fraîcheur – saline, longue, subtile – de leur bouche : « Je suis persuadé que les plus grands terroirs du monde sont situés sur des schistes, et Faugères est assurément le plus beau terroir de France ! ».

Un terroir vivant…

En 2009, Alexandre avait travaillé chez Didier Montchovet en Hautes Côtes de Beaune et aujourd’hui encore il considère cette rencontre comme un moment-charnière de sa vie de vigneron, « une révélation ».  Il prend alors définitivement le tournant de la viticulture biologique, et même de la biodynamie : « C’est là que j’ai compris que 98% d’un grand vin de terroir se faisait à la vigne, c’est-à-dire dans et avec la nature !, explique-t-il. Il est indispensable de préserver, voire bien souvent de recréer les symbioses naturelles. Le terroir, c’est vivant. Sol, microorganismes, faune, flore, vignes : tout est connecté. »

Ses vignes bénéficient d’un couvert végétal spontané permanent afin de protéger les sols, les structurer et y favoriser une vie microbiologique riche. Leur conversion à la bio est soutenue par des pratiques biodynamiques qui permettent d’atténuer la brutalité de la rupture avec l’agriculture conventionnelle. A ceux que cela interroge, il répond : « Il faut parfois accepter le fait que nous ne sommes pas en mesure de tout expliquer scientifiquement. Mon constat, c’est que ça marche ! Mais en réalité, je pense que la biodynamie, c’est du bonus : ça permet avant tout d’acquérir une acuité d’observation et de réflexion. Ça n’a pas vocation à devenir une « religion ». »

A DEGUSTER EN MUSIQUE !
Pour Alexandre, le métier de vigneron ressemble fort à celui de chef d’orchestre : il ne suffit pas d’avoir à sa disposition les meilleurs instrumentistes du monde pour faire une pièce magistrale ; il faut savoir mener la danse. Il donne à la plupart de ses cuvées des noms-clins-d’œil à des morceaux qui lui parlent. A déguster en musique, donc ! ;-)
*** Dynamite sur le morceau La dynamite par Les amis de ta femme
*** The Velvet Underschiste
sur Heroin par The Velvet Underground
*** Lust for Wine
sur Lust for Life d’Iggy Pop
*** American Idiot sur le titre éponyme de Green Day. Mais le clin d’œil est double ! ;-)

… pour des vins vivants

Puisqu’à Faugères tout est naturellement présent dans le raisin, rien ne sert selon Alexandre d’user d’intrants œnologiques qui viendraient altérer les expressions des cépages et du terroir. Ses expériences successives l’ont conduit à réduire progressivement leur utilisation jusqu’à n’en utiliser plus aucun. Jamais de soufre à la mise en cuve, les levures sont indigènes, aucun filtrage, et en 2017 pour la première fois pas de soufre à la mise en bouteille : « J’avais tellement réduit les doses que ça devenait ridicule d’en utiliser encore ! », explique-t-il.

Conscient cependant du risque de voir se développer des défauts rédhibitoires qui dénatureraient à leur tour le vin, Alexandre s’abstient d’en faire un dogme absolu : «  Il faut être constamment présent au cours de l’évolution de son vin, explique-t-il, le connaître pour appréhender son degré de solidité. Si une cuvée me semble fragile, je n’exclus jamais à l’avance de la sulfiter un peu à la mise en bouteille. ». Pour autant, sa quête perpétuelle reste celle du vin d’excellence élaboré sans aucun intrant : « Quand on a connu les émotions que peuvent provoquer les grands vins naturels, ceux qui sont vivants, qui ont une âme, il n’y a pas de retour possible ! Alors, on fait au mieux pour tout maîtriser, mais il faut savoir être joueur. Parfois on perd – ça m’est arrivé, mais quand on gagne, on se dit que le jeu en valait la chandelle. ». Et d’ajouter, le regard malicieux : « No risk, no fun ! ».


CA, C’EST VRAIMENT TOI, ALEX !


Si tu étais un cépage ? Le Grenache, parce que c’est un gros nounours…

Si tu étais un hashtag ? #KiffeTaLife

Si tu étais un animal du vignoble ? Une abeille… Parce que j’aime bien butiner !

Ce qui te laisse sans voix ? La nature...

Ce qui te fait enrager ? La bêtise...

Ce qui te met des étoiles dans les yeux ? Un grand vin !

Le vin, c’est plus qu’une boisson c’est… ? Une philosophie !