Domaine Ollier-Taillefer Françoise et Luc Ollier

Domaine Ollier-Taillefer
Route de Gabian
34320 Fos
Tél : +33 (0) 4 67 90 24 59
Fax : +33 (0) 4 67 90 12 15
Email : ollier.taillefer@orange.fr
Site web : http://www.olliertaillefer.com
Domaine Ollier-Taillefer Françoise et Luc Ollier
BIO / BIODYNAMIE



Complémentaires, mon cher Watson !

Prenez un domaine viticole créé cinq générations plus tôt à Fos. Un frère et une sœur, qui au-delà de leurs différences ont en commun une détermination et une joie de vivre aussi naturelles que contagieuses. Leur amour du Faugères, leurs visions, leurs projets et beaucoup d’huile de coude. Secouez le tout et vous obtiendrez de grands vins bios et un œnotourisme de qualité ! Rencontre avec Françoise et Luc Ollier (ou l’histoire d’une complémentarité génératrice de succès !).

La viticulture, le vin : vous êtes tombés dedans quand vous étiez petits… Déjà à l’époque, vous pensiez à prendre la suite de vos parents ?

Luc : Je m’intéressais à la mécanique et je voulais devenir… champion de rallye ! Et… j’avais juré de ne jamais reprendre le domaine !

Françoise : Et moi, je voulais être organisatrice de soirées et… je m’étais promis de ne jamais travailler en famille !

(Rires)

Ah bon ?! Ça semble incroyable quand on vous voit tous deux si épanouis aujourd’hui…

Luc : Quand on est adolescent, la difficulté du travail manuel à la vigne peut rebuter. Et je me souviens encore des coups de soleil pris lors de mes premiers ébourgeonnages ! (Rires) Mais surtout, les aspects commerciaux et administratifs me déplaisaient fortement. Ceci dit, une fois adulte, quand la question de la reprise s’est posée à la fin des années 1990, j’ai pris conscience que ce patrimoine familial était trop important pour moi : c’était l’histoire de générations toutes entières qui risquait de disparaître ! Je ne regrette pas : j’ai souvent les mains dans le cambouis et je me sens tellement bien et libre dans la nature… Et encore mieux depuis que Françoise m’a rejoint en 2003 ! (Rires)

Françoise : Moi, c’est surtout que je voulais faire mon propre chemin, en dehors du sillon familial d’abord. Mais je me suis vite fait rattraper par mon amour de Faugères… Quand Luc m’a demandé de le rejoindre, j’ai hésité… Mais pas bien longtemps ! (Rires). Ça marche parce qu’on est très complémentaires. On échange sur tout et on prend les grandes décisions ensemble, tout en ayant chacun un domaine de prédilection dans lequel s’épanouir complètement : Luc s’occupe des vignes et des vinifications et moi du volet commercial, événementiel et œnotouristique.

FEMME DU VIN ET VINIFILLE !
Amoureuse de Faugères, elle l’est. Certes. Mais ce n’est évidemment pas tout ! Curieuse, ouverte, indépendante et déterminée, Françoise est une femme d’action dont l’énergie et la joie de vivre semblent inépuisables. Il vous sera bien rare de la rencontrer seule. Car, bien souvent, c’est avec sa horde de joyeuses Vinifilles, qu’elle parcourt la France et le monde pour « transmettre la culture du vin, de la convivialité et de la gastronomie » ! Une association de femmes du vin qui fait bouger les lignes et les vignes en Occitanie.

Développer l’œnotourisme, c’est l’un des objectifs du domaine ?

Françoise : Bien sûr ! Depuis longtemps et toujours plus ! Dans les années 1980, mon père organisait déjà de « petites » brasucades pour les touristes belges qu’il faisait venir du Cap d’Agde en cars en partenariat avec le Domaine Raymond Roque : c’était complètement avant-gardiste ! Moi je me souviens surtout de kilos et de kilos de moules… (Rires) Mais transmettre ce sens de l’hospitalité, cet art de vivre faugérois, notre passion du vin et du terroir : c’est un véritable moteur pour moi ! C’est tout le sens de la fête du Grand Saint-Jean d’ailleurs ! Et au domaine, on continue d’organiser des événements et on a procédé à de nombreux aménagements qui nous permettent d’accueillir les visiteurs dans des conditions idéales : c’est ici que je me sens le mieux pour parler de nos vins. Mon père avait raison : on ne peut pas vraiment comprendre Faugères si on n’a pas touché ses schistes, respiré l’air de ses garrigues, admiré ses paysages… Qui sont à couper le souffle d’ailleurs !

Qu’a-t-il de particulier ce terroir ?

Luc : C’est d’abord un territoire fait de coteaux boisés et cultivés qui se succèdent. Avec ses chênes verts, ses cades, ses cistes, ses arbousiers, il a un côté sauvage et méditerranéen qui rappelle un peu la Corse. On s’y sent bien, tranquille, et libre ; il est « à nous » et à tout le monde à la fois ! Les vins lui ressemblent. Ils ont des arômes de petits fruits, de végétaux méditerranéens, de tapenade, un côté un peu grillé et un équilibre sur la fraîcheur quand on prend garde à ne pas récolter en surmaturité. Ce sont des vins complexes et harmonieux, sans agressivité, et ça c’est grâce au schiste.

Françoise : Tout à fait d’accord ! On ne peut pas être vigneron en Faugères sans être amoureux du schiste ! C’est lui qui donne aux vins toute leur typicité. Les garrigues qui poussent sur ces sols, le coté soyeux, « talc » de la pierre : ce sont des arômes et des sensations qu’on retrouve à la dégustation des vins ! Et c’est pour ça qu’il est très important de préserver le terroir…

Et « préserver le terroir », ça consiste en quoi au Domaine Ollier-Taillefer ?

Luc : Notre père a toujours eu une grande sensibilité à la nature : il n’a jamais désherbé en plein, même à l’époque où ce n’était pas encore interdit par le cahier des charges ; le bon sens était au cœur de son approche. Toujours dans le cadre de ses projets œnotouristiques, il s’était même rapproché des Ecologistes de l’Euzière pour expliquer le terroir sous un angle naturaliste. Et nous avons baigné là-dedans depuis l’enfance ! A la suite de mon père, j’ai continué l’agriculture raisonnée pendant quelques temps, puis passer à l’agriculture biologique est tombé sous le sens. On pratique aussi la confusion sexuelle depuis 2014.

Françoise : Il y a tout ce qu’on fait autour du bâti aussi : notre nouvelle cave de vinification a été construite en pierre du Gard pour une isolation optimale, avec des puits provençaux qui permettent de limiter la consommation d’énergie. On projette même de construire une ombrière photovoltaïque pour mettre notre matériel à l’abri et la rendre complètement autonome ! Et puis on est fan de pierre sèche : on restaure nous-mêmes les murets patrimoniaux typiques de Faugères. Au-delà de leur intérêt paysager, ils ont beaucoup d’avantages agroécologiques.

POUR QUE LE NOM DURE...
Alain Ollier épouse Nicole Taillefer dans les années 1960. Il n’est pas vigneron mais il doit s’y mettre car elle possède des vignes qui se transmettent depuis une centaine d’années… de mère en fille ! Si bien que le domaine change de nom à chaque génération. Pour remédier à ce problème, Alain décide : « Désormais, ce sera le Domaine Ollier-Taillefer ! ».

Que vous apportent ces engagements agroécologiques ?

Françoise : On est en accord avec nous-même. On s’est de suite senti beaucoup plus serein sur les questions de santé : la nôtre, celles de nos employés, celles des riverains aussi. Il y a même une parcelle à proximité d’un camping à laquelle on a carrément renoncé : il n’est pas envisageable de traiter alors que des enfants jouent à côté, même en bio !

Luc : On est plus serein dans notre rapport à l’environnement, les cours d’eau, la biodiversité. Et puis bien sûr, il y a l’impact positif que la bio a eu sur les sols, qui sont en meilleure santé, les vignes, qui se sentent mieux et, au bout de la chaîne, les vins qui ont gagné en densité, en profondeur et en minéralité. Ils sont bien davantage marqués par le terroir ! On est super content !

Le bio, ça n’est finalement « que des avantages, pas d’inconvénient » ?

Luc : Pas exactement ! Ça n’est pas parfait non plus : la consommation de gasoil a augmenté, la fréquence des traitements et donc la quantité de produits de protection et des amendements également. Les rendements ont baissé aussi. Mais savoir qu’on ne fait pas – ou en tout cas moins – de mal à l’environnement et à la santé, ça n’a pas de prix. In fine : les avantages l’emportent largement sur les inconvénients ! Et puis, on sait qu’on n’est pas au bout du chemin : on continue à s’interroger, à réfléchir à comment faire mieux…

Quand vous regardez le chemin parcouru, que vous dîtes-vous ?

Luc : Il y a bien des choses que je referais différemment bien sûr, mais pas tant que ça. Et au bout du compte, je vis dans un paradis de garrigue, de vignes et de cambouis, je prends le temps de restaurer de vieilles voitures, je fais ce que j’aime faire… Qui dit mieux ?

Françoise : Que, finalement, ce que je fais n’est vraiment pas si éloigné de mon rêve d’adolescente ! (Rires). En 2020, Florent, le fils de Luc, s’installe avec nous au domaine. Il a vingt ans, il est lui aussi passionné de vin, de nature et de mécanique et il est plein d’énergie ! Alors l’histoire continue de s’écrire tous les jours !