CONVERSION

Domaine de L'Arbussele Sébastien Louge

Domaine de L'Arbussele
Le Moulenc
34320 Fos
Tél : +33 (0) 6 18 07 47 96
Email : contact@domaine-larbussele.com
Site web : http://www.domaine-larbussele.com/

Rien ne le destinait à devenir vigneron, et pourtant… En 2014, il s’installe, seul, sur ce qu’il estime être « l’un des plus jolis terroirs du Languedoc » : Faugères. Des dizaines de milliers d’heures de travail et quatre ans plus tard, il se lance dans l’agriculture biologique. Rencontre avec un jeune vigneron qui a relevé le double défi de la création d’un domaine à partir de rien et celui de la préservation d’un terroir délicat : Sébastien Louge.

Jeune vigneron passionné

Racontez-nous : devenir vigneron, c’était une vocation ?

Pas du tout ! Je suis originaire des Hautes-Pyrénées et je n’avais aucun lien particulier avec la viticulture. Je devais avoir 20 ans lorsque j’ai bu mon premier verre de vin ! (Rires) Non : je voulais devenir architecte ! Mais on me l’a déconseillé. Je me suis intéressé à la chimie, orienté vers l’agro-alimentaire, et de fil en aiguille vers la filière viti-oeno, au départ parce que je voulais être indépendant rapidement. La passion s’est développée à partir de là.


Pourquoi avez-vous fait le choix de Faugères en particulier ?

Je savais que si je m’installais, ce serait en Languedoc, parce que la région offre une grande liberté. Mais je recherchais une petite appellation qui sorte du lot. Je connaissais déjà bien le territoire de Faugères, qui a toujours eu une réputation prestigieuse : c’est une appellation de niche – ce qui a ses avantages et ses inconvénients avec le recul – et c’est l’un des plus jolis terroirs du Languedoc. Entre les sols de schiste, les coteaux, les forêts de garrigue, tout l’environnement naturel en fait : quand on arrive ici, on sait d’entrée de jeu qu’on peut faire de grands vins. Et globalement, on y retrouve effectivement toujours de la complexité, une finesse naturelle des tanins, une certaine minéralité et moins d’opulence que dans le reste du Languedoc. On a beaucoup de liberté dans les assemblages et ça me plaît.

Domaine l'Arbussele Sébastien Louge

Domaine Larbusele 3

Et, vous, comment essayez-vous de faire résonner le terroir dans vos vins ?

Je travaille vraiment « à la parcelle » et je suis très attentif à ce que les vignes y expriment, en fonction du cépage, de l’altitude, de l’exposition, des spécificités du sol, et bien sûr du millésime. Ensuite, je cherche à faire des vins qui me plaisent : élégants et aériens. En espérant bien sûr, qu’ils ne plairont pas qu’à moi ! (Rires)


En 2018, vous entamez une conversion à l’agriculture biologique…

Oui, pour plusieurs raisons. D’abord, en Faugères, on est dans un écosystème de vignoble très diversifié et préservé, donc on se doit de continuer à le préserver. On sait que les plus gros dégâts environnementaux sont causés par les désherbants. Leurs taux de résidus dans l’eau sont hallucinants : ça fait peur ! Donc le bio, c’est quand même bien mieux ! D’autant que, sauf année exceptionnelle, on n’a pas besoin d’utiliser beaucoup de cuivre par ici. Or j’avoue que cette question et celle du bilan carbone me taraudent un peu. Ceci dit, je suis plus serein au travail depuis que je suis en bio. Parce qu’il y avait aussi les questions de santé : la mienne et celle de mes enfants à qui j’ai envie de laisser un monde plus sain. Il y a des choses à faire au-delà du bio d’ailleurs. A la maison, on mange des produits artisanaux et locaux, et ça aussi c’est important : le bio qui a parcouru des milliers de kilomètres, ça n’a pas de sens !


BOIRE D’ICI OU D’AILLEURS, MAIS JAMAIS SON PROPRE VIN ! 

Chez Sébastien – et ses invités le savent, on goûte l’ici ou l’ailleurs mais jamais le vin du Domaine de l’Arbussèle. Il fait partie d’ailleurs d’un collectif qui s’appelle « Rencontre de vignerons passionnés » qui rassemble des confrères et consœurs venu.e.s des AOP Lirac, Tavel, Meursault, et Morgon. Pour Sébastien, l’ouverture sur le monde est indispensable à la création. Et puis le vin… c’est aussi de la rencontre et du partage !

Quand vous observez le chemin parcouru, que vous dîtes-vous ?

Je suis fier d’avoir créé le domaine et de le maintenir à flots ; fier aussi de voir que voir la vie revenir sur des sols qui, au moment où je les ai achetés, étaient presque devenus stériles à force d’excès de désherbant. Mais le métier est beaucoup plus compliqué que je ne l’imaginais ! Surtout quand on est seul sur tous les fronts, comme moi. Il y a tellement de petits détails auxquels on ne pense pas. Je ne sais d’ailleurs pas comment j’ai réussi à tout faire l’année de mon installation ! Pareil pour la conversion au bio, c’est beaucoup de temps et d’énergie supplémentaires, sans parler de l’investissement en matériel. Mais je ne regrette rien. La récompense se trouve dans le plaisir que les gens ont à boire ton vin. Quand ils te le disent, c’est plus gratifiant que n’importe quelle médaille dans n’importe quel guide !


Et quand vous pensez à l’avenir ? Vous avez des projets, des rêves, ou peut-être des craintes, aussi ?

Le changement climatique me fait peur évidemment. Et sur un terroir comme Faugères, le manque d’eau pourrait bien devenir plus que problématique… Mais je cherche à adapter mes pratiques. Je pense à utiliser du fumier qui permettrait, au-delà de l’apport en matière organique, de retenir l’humidité. La biodynamie m’intéresse aussi, même si l’idée ne serait pas forcément de tout appliquer à la lettre. Et puis il y a certains vignerons de l’appellation avec qui j’échange beaucoup, bio ou pas bio et autour de tout plein de sujets : on se donne des idées, des « trucs », ça nous fait réfléchir et avancer. Jérôme Vialla du Domaine Epid’Elle s’est installé à Fos à la même époque que moi. C’est devenu un ami et il y a des choses sur lesquelles on fonctionne carrément en binôme : on partage du matériel, on mutualise certains achats, et on s’entraide énormément. Et l’air de rien, savoir qu’on peut compter les uns sur les autres, ça donne du baume au cœur et du cœur à l’ouvrage !


Domaine Larbusele 2

« SI ON METTAIT FAUGERES EN BOUTEILLE… »

Si tu étais une plante sauvage du vignoble ? Un chêne parce que c’est typique !

Si tu étais un animal du vignoble ? Un lièvre ou un perdreau. Parce que ça me fait toujours plaisir de le croiser : s’ils sont là, c’est qu’ils s’y sentent bien et qu’il y a à manger ; s’il y a à manger, c’est qu’il y a une vie dans le vignoble !

Si tu étais un cépage ? Le Carignan, parce qu’il a du caractère : un faux calme avec une forte identité !

Si tu étais un accord Musique & L’Arbussèle ? De la techno avec ma cuvée Authentique ! Parce que j’aime bien quand ça a du pep’s.


Domaine de L'Arbussele
Le Moulenc
34320 Fos
Tél : +33 (0) 6 18 07 47 96
Email : contact@domaine-larbussele.com
Site web : http://www.domaine-larbussele.com/