BIO

Château des Peyregrandes Marie-Geneviève Boudal

Château des Peyregrandes
11 chemin de l’Aire
34320 Roquessels
Tél : +33 (0) 4 67 90 15 00
Fax : +33 (0) 4 67 90 15 60
Email : info@chateaudespeyregrandes.com
Site web : https://www.chateaudespeyregrandes.com/

« Quarante ans est un âge terrible. Car c'est l'âge où nous devenons ce que nous sommes. », disait Charles Péguy.  Marie-Geneviève Bénezech-Boudal en fait la démonstration lorsqu’elle décide de renouer avec le Midi viticole de son enfance et de ses ancêtres en reprenant le domaine familial. Autodidacte, la vigneronne trouve dans l’élaboration de ses vins, de la vigne au chai, une réunion plaisante de deux univers qui la passionnent : l’art et la nature !

La passion de midi en héritage

Installée à Roquessels dans le Midi depuis la Révolution Française, c’est au XXème siècle que le destin viticole de la famille Benezech se dessine véritablement. Siméon, le grand-père de Marie-Geneviève, entretient quelques vignes qu’il a lui-même plantées, mais il se consacre surtout à sa vocation d’instituteur. C’est sa rencontre avec Laurencie dans les années 1930 qui change le cours de sa vie et en réalité le destin de la famille. Elle est belle et elle a le même âge que lui – 40 ans : ils tombent amoureux et se marient. Voyant les vignes de leurs deux familles réunies, Siméon abandonne l’enseignement pour devenir vigneron : une passion tardive – de midi, pour ainsi dire – qui se transmet depuis, de génération en génération. C’est en effet vers quarante ans que leur fils, Pierre, délaissera à son tour le notariat pour retourner à la vigne.

La vigne en ADN

Marie-Geneviève, fille de Pierre et petite-fille de Siméon, grandit elle aussi à Roquessels, dans les vignes familiales. Elle y travaille le mercredi, quand il n’y a pas école, et pour les vendanges bien sûr : « Il y régnait une ambiance de travail consciencieux mêlé de joie de vivre… Des histoires d’amour de toute une vie s’y sont tissées ! », se souvient-elle amusée en repensant aux premiers regards échangés par ces deux vendangeurs, Monique et Raymond, aujourd’hui mariés depuis plus de cinquante ans. Pourtant, enfant, elle ne s’imagine pas vraiment devenir vigneronne : « J’avais une sensibilité plutôt artistique, j’ai toujours aimé dessiner : je rêvais de devenir artiste-peintre, se souvient-elle. Et puis c’était une époque où il n’y avait presque aucune femme dans le métier…».

Au décès de son père en 1995, la vie de Marie-Geneviève, mère de trois enfants, est bien remplie, ailleurs. Pourtant elle ne peut se résoudre à laisser cet héritage familial disparaître. Comme Pierre et Siméon avant elle, elle a la petite quarantaine et se lance pourtant dans l’aventure viticole : « J’ai été élevée ici, la vigne fait partie de mon ADN : la décision s’est imposée d’elle-même ! Mais ça n’a pas été facile pour autant. J’ai beaucoup écouté mon œnologue au départ, beaucoup lu, fait des expériences… au feeling. Je me suis formée sur le tas, en autodidacte. »

Aujourd’hui, ses fils font partie de l’aventure. Si Hervé l’a rejointe assez rapidement après une formation viticole, Laurent, ingénieur du son et compositeur, a – bien sûr ! – attendu d’approcher de la quarantaine pour s’associer au projet familial !

L’œil de la vigneronne

De retour au Pays, Marie-Geneviève retrouve une nature faugéroise qu’elle connaît par cœur mais qu’elle observe désormais à travers le prisme nouveau de la vigneronne : « La nature sauvage qui entoure les vignes est globalement très protégée. C’est important car le terroir, c’est la mise en valeur et la préservation de la nature par l’Homme. Et le vin est un reflet de ce terroir. ».

De Marie Laurencin à Marie-Laurencie : un double hommage
Voulant rendre hommage à sa grand-mère Laurencie, Marie-Geneviève – qu’on appelle aussi souvent "Marie" – crée rapidement la cuvée Marie-Laurencie. Mais la vigneronne, qui consacre encore une partie de son temps-libre à la peinture, fait ici aussi un clin d’œil à une artiste-peintre, portraitiste et poète qu’elle affectionne particulièrement : Marie Laurencin. Ayant évolué auprès des grands noms de l’Art Moderne (Braque, Picasso, Matisse), cette dernière a laissé derrière elle une production incroyablement prolifique, qui témoigne des époques et courants esthétiques qu'elle a traversés.

Pour cette vigneronne qui est également passionnée de peinture, l’élaboration du vin est une façon de peindre l’âme du terroir : « la douceur et le fumé du schiste, une puissance solaire, mais aussi une certaine fraîcheur due sans doute à l’altitude mais davantage, pense-t-elle, aux aromatiques de garrigue ». En quête d’une finesse et d’une complexité qui caractérisent Faugères, elle sait que tout commence à la vigne : « Je me suis très vite aperçue que ce qui compte, c’est la matière première : de bons raisins.», explique-t-elle.

De la contemplation à la compréhension

Marie-Geneviève s’est toujours intéressée aux vertus des plantes et remèdes naturels, pour sa santé comme pour celle de ses enfants : « Je ne voyais pas pourquoi il devait en aller différemment avec les vignes, raconte-t-elle : j’ai de suite eu la volonté de travailler le plus naturellement et le plus éthiquement possible. Dans un premier temps, je m’attachais à choisir les produits en fonction de leur moindre nocivité. Aucun traitement n’était systématique bien sûr. Et j’observais beaucoup les vignes. ».

Dès 2003, leur pratique de la culture raisonnée est certifiée par le label Terra Vitis. Pendant plusieurs années, ils expérimentent l’agriculture biologique sur quelques parcelles afin d’en peser les bienfaits. Les rendements diminuent, mais la vie des sols est favorisée ; la petite faune revient et les raisins sont beaux : ils investissent dans du matériel approprié et entament la conversion de l’ensemble du domaine.

Aujourd’hui, Marie-Geneviève, qui s’intéresse aussi à la biodynamie, ne regrette rien, bien au contraire. Et quand elle regarde vers l’avenir, c’est avec enthousiasme : « Dans mon rapport à la nature, je suis d’abord et surtout contemplative, explique-t-elle. Et je suis persuadée que c’est l’unique point de départ dans notre quête vers sa compréhension. Regarder les paysages se transformer au fil des saisons, se rappeler que chacune d’elle accueille de nouvelles plantes, de nouveaux fruits : c’est beau certes, mais c’est surtout loin d’être dénué de sens ! Il me semble que les nouvelles générations cherchent à retrouver un contact avec la nature qui a été perdu. Le développement du bio, du local, d’épiceries coopératives citoyennes : ce sont aussi des signes de cette sensibilité retrouvée, de cette volonté de changer. Et ça, ça me donne de l’espoir ! ».


Château des Peyregrandes
11 chemin de l’Aire
34320 Roquessels
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